Des soins palliatifs à la santé mentale : un exemple de carrière variée en médecine de famille

Des soins palliatifs à la santé mentale : un exemple de carrière variée en médecine de famille
Pour Dre Lespérance, sa profession répond à son besoin d’aider les autres, de soutenir, d’épauler et d’écouter

En tant qu’étudiante, avoir l’occasion de rencontrer une médecin passionnée par son travail est très inspirant. C’est ce qui s’est produit lors de mon tête-à-tête avec Dre Arianne Lespérance, médecin de famille à la clinique MédiCentre Chomedey à Laval. Dre Lespérance a obtenu son doctorat en médecine de l’Université de Montréal pour ensuite effectuer sa résidence en médecine familiale au CUMF de la Cité de la Santé en 2016. Depuis ce temps, elle œuvre dans le domaine des soins palliatifs, de l’hospitalisation, de l’enseignement et fait également de la clinique et du sans rendez-vous.

Pendant son parcours à l’externat, Dre Lespérance avait un intérêt pour toutes les spécialités expérimentées lors de ses stages et pour les patients de tous les âges. Au départ, elle envisageait la médecine interne, mais est venue à la conclusion que si elle allait dans cette voie, elle ne pourrait plus travailler avec des patients d’âge pédiatrique. Elle a donc opté pour la médecine de famille qui lui permettait d’avoir une clientèle des plus variées.

En ce qui a trait à sa pratique en soins palliatifs, Dre Lespérance fait de la clinique externe au Centre intégré de cancérologie de Laval où elle travaille en collaboration avec les oncologues. Son rôle est d’assurer la meilleure qualité de vie possible pour les patients en fin de vie. Elle œuvre, notamment dans le but de réduire la douleur ressentie par le patient afin d’éviter qu’il vive dans la souffrance. Ce type de pratique amène donc un volet pharmacologique important, mais également un aspect psychosocial. En effet, le fait d’accompagner une personne en fin de vie est un rôle précieux, car elle partage les derniers moments de leur vie. Elle en retire donc des relations empreintes d’une richesse hors du commun avec le patient, mais également avec la famille qu’elle apprend à connaître avec le temps. Elle priorise une approche toute en douceur dans cette pratique très humaine qu’est celle des soins palliatifs. De plus, elle a récemment commencé à faire des gardes à l’hôpital en soins palliatifs. Cela est différent de ses gardes antérieures en hospitalisation où elle devait soigner des cas complexes, et ce, à un rythme intense. Lors de ses gardes en soins palliatifs, un rythme beaucoup plus calme règne dans le département, mais elle doit tout de même agir rapidement si un patient est en douleur.

En outre, bien que Dre Lespérance présente dans sa pratique en cabinet une clientèle très diversifiée, de 0 à 100 ans, elle a un grand intérêt pour les patients ayant des problèmes de santé mentale. Elle oriente donc une portion de sa pratique en bureau dans ce domaine. Dre Lespérance voit régulièrement des patients avec des troubles anxieux, troubles dépressifs, trouble de la personnalité et autres problèmes psychiatriques. Pour elle, il est important de consacrer le temps nécessaire pour les consultations en santé mentale, passant souvent plus de 30 minutes avec eux. Cela lui permet de bien discuter avec le patient et de pouvoir le gérer par elle-même, le plus longtemps possible, avant de devoir le référer. Durant ses temps libres, elle lit aussi beaucoup d’ouvrages de psychologie et s’intéresse à la douleur vécue par ses patients avec des affections psychologiques. Elle peut donc leur offrir des lectures qui peuvent les aider à cheminer ainsi que faire des séances de thérapie de soutien avec eux. Elle a par ailleurs des patients issus de milieux défavorisés qui n’ont pas nécessairement des assurances couvrant les rencontres avec un psychologue. Le résultat du temps supplémentaire qu’elle consacre à ses patients leur permet d’être davantage outillés face à leur maladie et de pallier, dans une une certaine mesure, aux services qu’ils n’ont pas nécessairement les moyens de s’offrir.

Une autre des facettes de la profession de Dre Lespérance est l’enseignement. En effet, depuis 2017, elle est tutrice d’un groupe dans le cadre du cours en psychiatrie à l’Université de Montréal. Ce qu’elle aime de l’enseignement c’est d’apprendre des étudiants et de les aider à pousser leurs réflexions. Elle apprécie aussi les questions de ses étudiants, car cela la garde à jour dans ses connaissances.

Pour Dre Lespérance, la médecine de famille a beaucoup à offrir comme profession, notamment en raison des multiples opportunités qu’elle présente. Elle mentionne qu’il y en a pour tous les goûts et que si un médecin a un intérêt plus particulier pour un domaine précis, il est facile de suivre des formations et d’orienter sa pratique dans ce qui le passionne. Aussi, la médecine de famille offre la possibilité d’avoir un horaire flexible, ce qui entraîne un beau rythme de vie. Pour elle, cette profession répond à son besoin d’aider les autres, de soutenir, d’épauler et d’écouter. Elle aime donner des objectifs à ses patients pour les inciter à se mobiliser et les motiver à prendre leur santé en main. De surcroît, la carrière de médecin de famille regorge de défis pour le futur, notamment avec l’émergence de la télémédecine qui constitue un enjeu pour les médecins en première ligne. Elle cite également la préoccupation de la préservation de l’environnement qui fait partie de son quotidien. Elle explique qu’il y a un comité vert qui a mis sur pied à l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé, qui aborde la question de l’utilisation de matériel jetable par exemple. En somme, Dre Lespérance est un exemple que la pratique de la médecine de famille peut être des plus diversifiées et des plus enrichissantes.

Emilie Labbé, promotion 2022
Université de Montréal – Campus Montréal

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