Une approche de santé publique en médecine de famille

Une approche de santé publique en médecine de famille
Vu sa formation préalable axée sur la santé populationnelle et particulièrement sur l’élaboration de politiques publiques, il aurait pu paraître évident que Dre Brodeur se dirigerait vers une spécialité en santé publique, mais c’est pourtant la médecine de famille qui a retenu son attention.
Magaly Brodeur a étudié en administration des affaires et a obtenu une maîtrise en histoire et science politique

Afin d’exemplifier la grande diversité de parcours qui peut rayonner en médecine de famille, l’équipe de Première Ligne souhaite dresser le portrait d’une médecin de famille qui, avec son parcours atypique et son background impressionnant, incarne la passion pour la médecine de famille. Auteure, chercheure et médecin, Dre Magaly Brodeur a été lauréate du prix du Leadership en médecine familiale du Collège des médecins de famille du Canada en 2017 et est sur le point de compléter sa résidence en médecine de famille au GMF-U La Pommeraie, à Cowansville. Si elle a choisi la médecine de famille, c’est pour l’incroyable variété que ce domaine offre.

Pour Dre Brodeur, tous les types de patient.es sont intéressants et tous les milieux de pratique l’interpellent, c’est pourquoi la médecine de famille était la spécialité parfaite pour elle. Au terme de sa résidence, elle pratiquera dans un Groupe de médecin familiale (GMF) avec de l’enseignement et aura une pratique en bonne partie dédiée à la recherche. En effet, Dre Brodeur est docteure en santé publique et, avant de compléter son M.D. à l’Université de Sherbrooke, elle a étudié au baccalauréat en Administration des affaires et a obtenu une maîtrise en Histoire et en Science politique. Ses expériences antérieures ont modelé ses intérêts de recherche de telle sorte qu’elle souhaite entreprendre des projets sur l’expérience patient.e ainsi que sur les produits pouvant causer une dépendance, tels que les jeux de hasard et d’argent.

En plus de ses intérêts en recherche, Dre Brodeur cumule plusieurs expériences en enseignement. Elle enseigne présentement plusieurs cours au programme du doctorat en médecine de l’Université de Sherbrooke, et elle compte continuer à intégrer ce rôle qu’elle trouve très gratifiant à sa pratique de médecin de famille. Ce rôle lui permet de transmettre sa passion pour la médecine de famille aux étudiant.es, et elle affectionne particulièrement enseigner les cours qui ont un volet communautaire ou axés sur la santé publique. C’est justement à travers une expérience d’enseignement que Dre Brodeur s’est intéressée à la médecine originalement. Alors qu’elle enseignait à l’Université Quisqueya en Haïti, elle était amenée à côtoyer des étudiant.es en médecine et elle a alors réalisé son intérêt pour le domaine. Dre Brodeur a également à son actif de nombreuses implications sociales. Elle est passionnée par ce type d’engagement et considère qu’elle en retire énormément. En considérant tous ses engagements antérieurs, elle insiste sur son implication au sein du « Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle » (GRAHN) comme ayant été une réelle sensibilisation à la réalité des citoyen.nes d’autres communautés. Selon elle, ce type d’implication devrait faire partie de la réalité des étudiant.es en médecine, puisque cela permet de s’ouvrir sur le monde et peut représenter une source d’inspiration et d’apprentissage très précieuse.

Vu sa formation préalable axée sur la santé populationnelle et particulièrement sur l’élaboration de politiques publiques, il aurait pu paraître évident que Dre Brodeur se dirigerait vers une spécialité en santé publique, mais c’est pourtant la médecine de famille qui a retenu son attention. Il importait beaucoup pour Dre Brodeur d’avoir un contact en première ligne avec les patient.es et d’avoir un impact direct auprès de ces personnes, ce que la médecine de famille lui permettait. Elle insiste aussi sur la possibilité qu’offre la médecine de famille de réorienter sa carrière au fur et à mesure de sa vie et de l’évolution de ses besoins. Cependant, il va sans dire que ses nombreuses années d’étude et de recherche dans le domaine de la santé publique, entre autres, influenceront sa pratique de médecin
de famille.

En ce sens, elle avoue établir des relations patient.e-médecin axées sur la prévention et la promotion de la santé, puisqu’elle est très sensibilisée à l’importance de ces volets de la pratique. Il lui importe aussi beaucoup que ses patient.es aient accès à de l’information sur les enjeux de santé qui les concernent. Aussi, il n’est pas rare qu’elle soit inspirée par les problématiques que vivent ses patient.es pour penser à de futurs projets de recherche qui y seraient reliés!

Lorsqu’elle réfléchit au futur de la médecine de famille, Dre Brodeur a plusieurs souhaits. Elle qui est si passionnée par ce domaine, elle aimerait beaucoup voir un changement de paradigme dans la manière dont il est considéré. En effet, elle souhaite que les mythes et préjugés qui pourraient perdurer par rapport à la médecine familiale soit démantelés. De plus, elle considère qu’avec la modification de certaines politiques dans le but de faciliter la pratique des médecins de famille, plus de personnes pourraient avoir envie de s’engager dans cette voie. Finalement, pour les nombreux et nombreuses étudiant.es en médecine qu’elle sait intéressé.es par une pratique en médecine de famille, elle recommande de bien choisir son milieu de résidence. En effet, en choisissant un milieu qui nous ressemble et nous inspire, comme c’est le cas de Dre Brodeur, on s’engage sur un chemin menant à une pratique à notre image et où on trouvera réellement notre compte et de la place pour nos intérêts particuliers.

Marie-Audrey Peel, promotion 2022
Co-présidente junior du GIMF de l’Université de Sherbrooke

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